J’ai longtemps été dans ma tête, à côté de moi-même. Je me suis refugiée très tôt dans l’intellectualisme. Très anxieuse, je somatisais tout. On me disait “tu penses trop”. Donc j’essayais de ne plus penser. Mais “penser trop” est la seule stratégie disponible lorsque le corps n’est pas un espace sécuritaire. J’ai traversé de nombreux maux, tous labellisés par leur terme médical : troubles anxio-depressifs, troubles du comportement alimentaire, hyper-sensibilité, suspicion d’autisme, suspicion d’endométriose, etc.
Ce n’est que lorsque j’ai commencé à bouger pour réellement me connecter à mon corps que j’ai découvert tout ce qu’il avait enfoui, tout ce qu’il criait depuis vingt ans mais que je n’écoutais pas.
